diumenge, 13 de setembre de 2015

Le Devoir (Québec): « Vive la Catalogne libre ! » #québec #usa #news #nouvelles

Un des rassemblements qui se sont tenus en Catalogne, celui-ci à Barcelone


Laurence BOUTREUX
Le Devoir | samedi 12 septembre 2015

Les indépendantistes catalans sont parvenus à leurs fins. L'avenue Meridiana, une de celles qui traversent Barcelone de part en part, s'est convertie en une marée humaine, une mosaïque de couleurs représentant chacune une des valeurs de la virtuelle « République catalane » qu'ils appellent de leurs voeux : concorde, dignité, transparence… Ce rassemblement a été baptisé « la Via Lliure », la « voie libre », une métaphore de ce qui, à leurs yeux, devrait être le chemin menant à la sécession avec l'Espagne.

Le succès est au rendez-vous : alors que la météo s'est finalement montrée clémente, au moins un million de gens se sont mobilisés, très souvent en famille et arborant le drapeau séparatiste rouge-jaune-bleu, derrière le slogan : « Tout commence ici, l'heure est venue d'agir. » À 17 h 14 précises, des coureurs se sont mis en branle au milieu des foules : une façon symbolique de commémorer l'année 1714, lorsque la ville de Barcelone fut dévastée par les Bourbons – associés ici au joug castillan.

« Un avant et un après »

Chaque 11 septembre, jour de la Diada, la « fête nationale », est vécu comme un événement. Mais, cette année, il a pris une coloration beaucoup plus politique : les nationalistes au pouvoir régional en ont fait aussi le premier jour de la campagne électorale des législatives décisives du 27 septembre que la liste favorite a transformées en un plébiscite pour (ou contre) l'indépendance. « Pour moi, c'est un jour historique, confie Nuria Gonzalez, 43 ans, une pharmacienne accompagnée de ses deux filles, qu'elle a couvertes d'une senyera, l'étendard régional. Cela fait des années que, chaque 11 septembre, nous réclamons à Madrid le droit de prendre en main notre sort. L'Espagne continuera à rester sourde à nos appels, c'est une certitude, mais au moins, avec ces élections, nous pourrons compter ceux qui veulent maintenir le statu quo et ceux qui veulent se séparer. Cela marquera un avant et un après. Ensuite, tout est possible. »

Pour Artur Mas, l'actuel chef de l'exécutif nationaliste et le principal architecte du défi souverainiste, le succès de ce rassemblement populaire est déterminant. « Il y a peu d'endroits dans le monde où autant de citoyens montrent avec une telle constance et une telle foi le désir de créer un État nouveau. » La Diada de 2012, qui avait dépassé le million de participants, lui avait donné la force d'entamer un bras de fer avec Madrid ; celle de 2014, elle aussi une réussite, lui avait conféré l'audace d'organiser, deux mois plus tard, un référendum symbolique – et bien entendu non reconnu par Madrid.

« Ce que veut le peuple catalan, a insisté Artur Mas ce vendredi, c'est de pouvoir s'exprimer librement sur l'avenir de son pays. Vu que le pouvoir central le lui interdit, il le manifeste au cours de cette fête indépendantiste et, je l'espère, le corroborera le 27 septembre en votant pour notre liste sécessionniste. » D'après un sondage du CIS, le Centre d'investigations sociologiques, le camp indépendantiste emporterait la majorité en sièges, mais pas en suffrages. Dans la capitale, la numéro 2 du gouvernement, Soraya Sáenz de Santamaría, s'est insurgée contre cette Diada : « Les nationalistes ont transformé un événement pour tous en un rassemblement partisan. Ils ne représentent pas la Catalogne, seulement une partie. »